voici
un texte très bien fait sur les origines du shih tzu et le
type anglais , américain et scandinave, il faut juste savoir
qu'il n'y en a pas un parfait, c'est le judicieux
mélange sélectionnant les atouts de chaque type
afin de se rapprocher au mieux du standard qui est le bon ! Mais
toujours sans excès c'est là le travail de
l'éleveur, véritable généticien et
sélectionneur et non comme on le voit trop souvent un
mariage de chien sans réflexion !!
"Malgré quelques opinions
légèrement divergentes, toutes les sources sur les
origines du Shih Tzu nous ramènent à la cour
impériale de Chine où le Shih Tzu Kou ( « chien
lion tibétain » ) a dû voir le jour. Les Chinois
l'ont ainsi baptisé, à cause de la couleur
dorée du Lion emblématique du Tibet. Son nom fut
ensuite modifié, il a perdu le « kou » (chien)
pour n'être plus que le Shih Tzu (lion tibétain)
toujours selon l'image supposée du lion, le destrier
symbolique du Bouddha.
À la fin des années vingt, lorsque différentes
personnes rattachées à l'armée ou aux services
diplomatiques, basées en Extrême-Orient
décidèrent de chercher et de rapporter vers le monde
occidental de beaux petits chiens lions tibétains, ce fut
une tâche difficile que de trouver des sujets vraiment bons
et il était douteux qu'ils reproduisent dans le type
d'origine.
En Chine, par exemple, il n'existait pas de système central
d'enregistrement pour les chiens de race, et à vrai dire,
peu avaient un pedigree. Les chiens étaient illustrés
sur des rouleaux de parchemin enluminés par les Chinois pour
servir de modèles et l'élevage avait pour but de
reproduire les couleurs recherchées et les taches
symboliques, plutôt que de préserver la
continuité des lignées. Selon les dires d'un ancien
ministre tibétain, Ko Sho Chang Pa, le type Shih Tzu
descendrait d'un lointain ancêtre du Lhassa Apso actuel. Ces
chiens étaient la propriété personnelle du
Dalaï Lama et on les trouvait dans les temples de Lhassa
où ils étaient des chiens sacrés participant
à différents rites religieux. En 1650, trois de ces
chiens furent envoyés à l'empereur de Chine comme
cadeau, un trio dont descendrait notre Shih Tzu. Voyageant de
Lhassa à Pékin, les petits chiens devaient alors
parcourir 3000 miles depuis le haut plateau de Lhassa, jusqu'aux
plaines poussiéreuses de la Chine, traversant des
contrées sauvages et montagneuses avec les caravanes
d'animaux de bât, marchant parfois à
côté, parfois portés dans les paniers
attachés aux flancs des animaux. Le voyage pouvait durer
jusqu'à dix mois et les chiots nés en route
étaient tenus au chaud dans les poches des robes des
Tibétains.
À la cour de Chine, l'impératrice douairière
Tsu Hsi reçut à nouveau du Dalaï Lama quelques
Lhassa Apsos hirsutes. Cynophile avant l'heure et éleveuse
avisée de Pékinois, l'impératrice
contrôlait son élevage de façon rigoureuse,
séparant les deux races et s'intéressant
particulièrement à la chaude couleur dorée
« miel impérial » qu'elle appréciait tout
particulièrement. Une ligne blanche ou bande partant du
stop, remontant jusqu'au sommet du crâne, était
considérée comme la marque de Bouddha. En 1908,
après un règne de 64 ans, avec la mort de Tsu Hsi
(Vieux Bouddha, comme on l'appelait), prit fin la pratique qui
consistait à envoyer des Chiens Lions du Tibet comme tribut
aux empereurs de Chine. Les eunuques du Palais Impérial
continuèrent l'élevage, mais d'une manière
moins stricte et c'est à ce moment-là que les
croisements furent expérimentés. Il en résulta
une divergence dans le type, la structure et la taille. La base de
la race Shih Tzu émane donc très probablement de ces
Apsos tibétains croisés avec les Pékinois. En
conclusion, notre Shih Tzu est bel et bien
sino-tibétain.
Avant l'invasion du sud Vietnam par le Nord, les Shih Tzu
étaient très connus dans toute la région de
Saïgon. Les Vietnamiens, ainsi que les Chinois,
appréciaient surtout les noirs et blancs, portant une
mèche blanche I sur le front et ayant les bouts des quatre
pattes blancs, car pour eux, ayant « le front et les pieds
dans la neige », ils étaient symbole de bonheur. VH.F.
Colliert, écrit dans son fameux livre « Chiens de
Chine et du Japon dans la Nature et les Arts » :
Occasionnellement, les Chinois croisaient le Chien Lion avec le
Carlin et le Pékinois. Il semblerait que beaucoup des chiens
offerts à l'empereur ( ou l'impératrice)
étaient issus de tels croisements. Sur la fin de la dynastie
Mandchoue, il y avait des centaines de chiens au Palais
Impérial quelques-uns seulement jouissaient des faveurs
impériales, les autres étaient élevés
par les eunuques La distinction apparaissait surtout dans la
couleur et la longueur du pelage... Les eunuques étaient
extrêmement ingénieux à manier le type pour
plaire à leurs maîtres royaux.
En 1923, le Kennel Club chinois fut formé à
Shangaï. Il classa ces petits chiens comme « Lhassa
Terrier ». Ensuite, le Kennel club de Pékin fut
créé et programma des classes pour les « Lhassa
Lions Dogs » dans ses expositions. Les Shih Tzu
étaient exposés dans des classes divisées en
deux catégories : au-dessus et au-dessous de douze
livres.
Introduction en Occident
D'après Mrs Widdrington, grande éleveuse britannique
(affixe Lhakang) et juge de la race Outre-Manche, tous les Shih Tzu
de par le monde descendent de seulement treize lignées de
base: douze qui sont venues de Chine entre 1930 et 1950, et un
croisement avec un Pékinois qui fut introduit dans le
cheptel anglais en 1952.
Après, il n'a plus été possible d'importer de
nouveaux sujets de Chine. De ces douze lignées, onze sont
donc originaires de Chine (huit directement, deux via la
Scandinavie, une via le Canada, plus le croisement de
Pékinois). Ce sont là, les débuts
anglais.
Donc, le pôle génétique des Shih Tzu est
singulièrement peu important et nous ignorons jusqu'à
quel point les premières importations chinoises
étaient ou non déjà apparentées entre
elles, car on disait qu'à Pékin les sujets
étaient très consanguins, en particulier ceux du
Palais Impérial. Neuf des douze lignées
mentionnées ci-dessus furent importées dans les
Îles Britanniques et trois en Norvège.
À la fin des années trente, bien plus de cent Shih
Tzu avaient été enregistrés par le Kennel Club
britannique, mais l'année suivante, après le
début de la seconde guerre mondiale, les enregistrements se
réduisirent à une quantité minimum.
Les Shih Tzu ont apporté leur propre contribution à
la guerre, les poils tombés étaient collectés,
puis filés pour faire de la laine à tricoter et
confectionner de superbes vêtements épais semblables
à du mohair. Soixante ans se sont écoulés
depuis que les premiers chiens furent introduits en Occident et la
race a proliféré à l'échelon
mondial.
De nos jours, des échanges de sujets d'un pays à
l'autre n'apportent plus rien de nouveau, ce n'est plus qu'un
réagencement de gènes existants; mais cela peut se
révéler bénéfique et apporter une
qualité supplémentaire lorsque des lignées
n'ont pas été croisées depuis un certain laps
de temps.
Les premiers chiens importés au Royaume-Uni avaient des
pattes courtes, une tête large, de petits chiens robustes
d'environ 12 à 141ivres, dont la taille avait tendance
à augmenter. Ceux importés de Chine en Scandinavie
avaient un poids plus léger, avec une tendance à
devenir encore plus petits, probablement à cause de la forte
consanguinité. Ils étaient d'un type très
différent de celui des chiens moyens anglais.
Un standard du Kennel Club britannique, qui patronne la race, fut
rédigé en 1934, basé sur les premières
importations au Royaume-Uni. Il fut remodelé, puis
adopté dans le monde entier, bien qu'il ne corresponde pas
toujours au type du chien rencontré dans d'autres
pays.
Les types et les tailles de Shih Tzu varient maintenant de par le
monde et des points de vue différents sont maintenus quant
à son apparence correcte et ses caractéristiques dont
nous reparlerons dans ce livre.
Aux USA, où le Shih Tzu a été reconnu
officiellement par le Kennel Club Américain depuis seulement
vingt ans, cette race à la mode s'accroît trop
rapidement pour son propre bien. Une montée en flèche
est toujours un danger pour une race.
Il y a une trentaine d'années, les différences de
tailles entretenant déjà les conversations, un groupe
de propriétaires de Shih Tzu d'Outre-Manche, a, sans
succès, tenté d'obtenir que la race soit
divisée en deux tailles, plus et moins de 12 livres. En
pratique, cela aurait pu être un pas à franchir
dès que la race Shih Tzu aurait été
numériquement assez forte.
Certains éleveurs suédois ont déjà
montré l'exemple en pratiquant un judicieux mélange
de sangs scandinave et britannique pour produire les plus beaux
chiens typiques de taille moyenne du monde entier.
Introduction en France
Une fois n'est pas coutume, c'est une Française qui est,
entre autres, à l'origine de l'introduction du Shih Tzu dans
le monde occidental, essai, hélas non concluant! En effet,
la Comtesse d'Anjou, dont l'époux était en poste
à Pékin, réussit à ramener les premiers
Shih Tzu (qui furent inscrits au L.O.F.) grâce à
l'aide d'une amie chinoise, dame d'honneur de l'impératrice
Tseu-Hi, la Princesse Der-Ling, laquelle avait une grande
connaissance de la race. La Comtesse établit même le
premier standard français, très succinct,
approuvé par l'Ambassadeur de France et du Paraguay, lequel
ayant passé plusieurs années en Chine, avait
possédé plusieurs « Tibetan Hon Dogs » et
les avait même jugés au Dog Show de Pékin.
Malheureusement, un concours de circonstances ne permit pas alors
à la Comtesse de développer la race en France.
Rencontre avec la Comtesse d'Anjou
C'était dans le début des années cinquante,
Madame Naudet, éleveuse bien connue de Bichons Frisés
(affIXe Roi des Lutins) fit la connaissance de la Comtesse d'Anjou,
tout à fait par hasard. Elle se reposait sur la côte
d'Azur à Juan-Ies-Pins. Au cours d'une de ses
fréquentes promenades avec son Bichon favori, qui ne la
quittait guère, elle remarqua au portail d'une belle
propriété, quelques petits chiens singuliers qui
aboyaient après son Bichon. Cynophile intriguée, Mme
Naudet s'avança pour mieux voir, lorsqu'une gouvernante,
alertée par les aboiements s'approcha; cette dernière
répondit fort aimablement aux questions posées,
à savoir qu'il s'agissait de Shih Tzu. Survint alors la
propriétaire, la Comtesse d'Anjou, qui eut une longue
conversation avec Mme Naudet concernant la race si peu connue et
sur les origines de ses chiens venant de Chine et en
majorité d'Angleterre.
Le hasard (encore... !) de cette rencontre décida Mme
Naudet, séduite par ces chiens, à élever par
la suite quelques portées de Shih Tzu d'origines anglaises
dont elle a cessé l'élevage aujourd'hui, en restant
malgré tout fidèle à la race.
Les Shih Tzu d'aujourd'hui
A l'aube de l'an 2000, après une cinquantaine
d'années d'implantation en Occident et une bonne
décennie de succès en France, la race semble se
stabiliser à 2300 naissances inscrites au L.O.F. par an.
Dois-je dire « tant mieux»? Les Shih Tzu d'aujourd'hui
ont à pâtir de leur mode, phénomène qui
entraîne inévitablement une certaine dérive,
qu'il est grand temps de redresser, Parmi les défauts les
plus fréquemment rencontrés, l'un des points les plus
choquants chez un Shih Tzu se remarque à l'oeil bien trop
proéminent entouré de blanc. Tout au contraire, ce
chien doit avoir un oeil superbe, bien rond, sans aucune lunule
blanche apparente, ce qui lui donne en pareil cas, un regard
effrayé au lieu d'être charmeur.
Si le prognathisme raisonnable est nécessaire à
l'obtention d'un bon menton, on remarque trop souvent des dentures
incomplètes, surtout mal alignées et même des
mâchoires déviées, accompagnées d'une
langue visible bouche fermée, Ceci devient grave. Les nez
pincés peuvent entraîner de sérieux
problèmes de santé, Tout au contraire, le standard
précise: narines largement ouvertes pour que le chien
respire !
Mais on rencontre surtout des têtes bien trop étroites
sur des corps insuffisamment charpentés, l'inverse de ce que
préconise le standard de la race, avec des tailles beaucoup
trop petites, tournant autour de 19 à 20 cm au garrot ce qui
entraîne une perte de type, une modification morphologique et
d'expression, notamment au niveau du placement des yeux. Si, sur un
plan pratique, certains acheteurs réclament le nanisme (qui
fragilise !) , le standard donne des tailles très
précises à respecter pour la santé,
l'esthétique et l'avenir de la race, Un énorme
travail en perspective pour les éleveurs français qui
ont la passion du Shih Tzu, mais ceci est bien connu, les vrais
passionnés sont des battants!
Le «vrai» Shih Tzu
Selon des rumeurs tenaces, il existerait bel et bien deux types de
Shih Tzu : l'Anglais et l'Américain. J'aimerais
rétablir la vérité : à l'origine, deux
sources ont permis les importations orientales, la Chine et le Sud
Vietnam pour l'Angleterre d'abord avec des sujets plus solides, et
plus tard, le Palais Impérial de Pékin pour Mrs
Kauffman en Scandinavie, avec des chiens plus légers, plus
hauts sur pattes, donc plus élégants. Partant de
là, les Américains ont croisé les deux types
pour conserver la solidité de l'ossature anglaise de base et
obtenir des encolures plus dégagées et des fourrures
plus plates, sur un corps plus léger. À ce jour, ils
privilégient avant tout le spectaculaire, tandis que les
Anglais ont toujours préféré le naturel.
Le meilleur résultat obtenu demeure à coup sûr
le mélange des deux types pour aboutir au standard de race
et c'est ce résultat qui permet d'affirmer qu'il n'existe en
fait qu'un seul type, celui du standard de la race.
En conclusion, il faut cependant reconnaître que l'apport de
sang américain, à ce jour, aura permis d'obtenir de
meilleures constructions, une superbe encolure (parfois trop. . .
!) contrebalançant une queue haute et des pattes solides
pour la propulsion.
Pour évoquer une image, disons qu'un Shih Tzu, cest une
tête comme une pleine lune sur un corps en tuyau de
poêle. "